endométriose après 40 ans

Endométriose après 40 ans : la maladie peut-elle apparaître à cet âge et malgré des grossesses ?

On associe souvent l’endométriose aux jeunes filles et femmes. Pourtant, elle touche des femmes de tous âges ! L’endométriose peut être découverte tardivement chez certaines, mais aussi s’éterniser après la ménopause. Sauf qu’entre le moment où l’on a ses première règles et la ménopause, il y a tout plein de phases au cours desquelles le corps féminin change. Sauf qu’une fois que la fertilité n’est plus un sujet, de nombreuses femmes se sentent délaissées en matière d’options thérapeutiques.

Alors quand on est atteinte d’endométriose et qu’on a plus de 40 ans, on fait quoi ? J’essaye de vous donner des pistes, que vous veniez d’être diagnostiquée ou que vous soyez déjà suivie pour cette fichue maladie qui nous complique la vie.

Les symptômes de l'endométriose après 40 ans peuvent-ils changer ?

Après 40 ans, l’endométriose peut se manifester de manière différente en raison des changements hormonaux qui surviennent à l’approche de la ménopause. Si certaines femmes peuvent constater une amélioration des symptômes, d’autres ressentiront au contraire une aggravation. Les fluctuations hormonales, en particulier la baisse progressive des niveaux d’œstrogènes, peuvent influencer l’évolution de la maladie.

Des symptômes qui évoluent

Les symptômes de l’endométriose après 40 ans sont assez souvent similaires à ceux que l’on peut avoir quel que soit son âge :

  • les douleurs pelviennes chroniques,
  • des douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunie),
  • des troubles digestifs ou urinaires, 
  • fatigue chronique, 
  • douleurs lombaires et abdominales, …

Chez certaines femmes, les saignements menstruels deviennent plus irréguliers et douloureux. Des douleurs lombaires et abdominales, parfois confondues avec des problèmes musculo-squelettiques, peuvent également apparaître ou s’intensifier. Par ailleurs, la fatigue chronique est un symptôme qui est souvent accentué chez les femmes atteintes d’endométriose après 40 ans. Cette fatigue peut être liée à une inflammation constante et à l’impact émotionnel de la gestion de la maladie, qui devient parfois plus lourd avec l’âge. Tout dépend des symptômes que vous avez et de si vous êtes déjà suivie ou non.

Mais il faut savoir que l’endométriose évolue et peut faire apparaître de nouvelles douleurs, même lorsque nous sommes suivies. Certains traitements peuvent aussi ne plus faire effet sur nos douleurs. Comme cité précédemment, le corps change tout au long de la vie, et amène avec lui son lot de nouveautés et de potentielles complications quand on est atteinte de maladie chronique. Le corps peut également s’habituer à certains traitements et par conséquent, les rendre inefficaces. Je pense notamment à tout ce qui est médicamenteux. 

En revanche, si vous êtes au début de votre diagnostic après l’âge de 40 ans, l’endométriose a eu le temps d’avancer dans votre corps. En fonction de la localisation et du type de lésions, celles-ci ont pu grignoter vos organes, nerfs et ligaments. Cela ne se ressent pas forcément en termes de douleurs, cela varie tellement entre les différents cas. Néanmoins, la plupart du temps, on vous proposera une opération chirurgicale pour préserver le fonctionnement de vos organes et essayer de limiter vos douleurs. 

Les symptômes de l'endométriose après 40 ans peuvent-ils s'atténuer ?

Oui, chez certaines femmes, les symptômes de l’endométriose peuvent être atténués avec le temps et l’ensemble des  techniques mises en place en amont. En effet, il n’est pas si rare que des femmes atteintes d’endométriose (re)trouvent un bon confort de vie. Toutefois, pour d’autres, la maladie et ses manifestations peuvent évoluer mais pas dans le bon sens. Sachant qu’il n’existe aucun traitement pour guérir de cette maladie chronique… L’idée c’est de trouver un équilibre pour cohabiter avec celle-ci le mieux possible au quotidien et faire régresser un maximum de lésions. 

endométriose après ménopause

L'endométriose et la périménopause : un sacré challenge

La périménopause, une porte de sortie pour freiner l'endométriose ?

Un autre défi pour les femmes atteintes d’endométriose après 40 ans est la gestion de la périménopause et de la ménopause.

La périménopause est la période de transition qui précède la ménopause, marquée par des fluctuations hormonales, notamment une diminution progressive des niveaux d’œstrogènes et de progestérone. Elle peut commencer plusieurs années avant la ménopause (en moyenne vers 45-50 ans) et dure jusqu’à ce que les menstruations cessent complètement.

Les symptômes varient d’une femme à l’autre, mais les plus courants sont :

  • des règles irrégulières (cycles plus courts ou plus longs),
  • des bouffées de chaleur,
  • des troubles du sommeil,
  • des sautes d’humeur ou de l’irritabilité,
  • une baisse de la libido,
  • des douleurs articulaires ou musculaires.

La périménopause se termine lorsque la ménopause survient, soit après 12 mois consécutifs sans règles. On pourrait alors penser que la baisse des hormones, en particulier des œstrogènes, entraîne une diminution des symptômes d’endométriose. Mais ce n’est pas toujours le cas. Chez certaines femmes, la maladie persiste même après la ménopause

La ménopause artificielle ou la ménopause naturelle peuvent toutes deux influencer les symptômes. Le choix d’un traitement hormonal de substitution (THS) doit être fait avec prudence. Car certains traitements hormonaux peuvent exacerber les foyers d’endométriose restants. Prenez le temps de réfléchir et d’en parler avec votre médecin pour ajuster le traitement et trouver le bon équilibre pour vous. La gestion des symptômes de la ménopause et de l’évolution de votre endométriose est une chose, votre vie quotidienne en est une autre. Il y a la théorie, et puis la pratique. Vous seule pouvez prendre la meilleure décision pour vous. Ne vous oubliez pas. 💛

L'impact sur la qualité de vie

Les douleurs chroniques représentent les principaux symptômes de l’endométriose. Avec l’âge, ils sont souvent plus forts. En effet, après 40 ans, vos douleurs vont interférer de manière encore plus marquée avec votre vie quotidienne. Cela affecte aussi bien votre travail, vos activités sociales et sportives, que votre vie de couple. Sauf que cela dure pour certaines depuis déjà très longtemps. L’endométriose a donc un impact sur la santé mentale. Notamment en raison du stress et de l’anxiété liés à la gestion de la douleur et de la fatigue chronique sur la durée. Malgré la mise en place de routines pour réduire l’inflammation et les symptômes, la maladie reste une charge mentale importante.

Certaines femmes rapportent une augmentation de la fatigue, de l’irritabilité, voire des symptômes dépressifs. À cela s’ajoute le sentiment d’isolement, car de nombreuses personnes ne comprennent pas l’impact de cette maladie sur notre bien-être général. Entourez-vous des bonnes personnes. Celles qui vous donnent le sourire et apporte des rayons de soleil quand tout semble gris. 

Quels traitements de l'endométriose sont envisagés après 40 ans ?

Ce n’est pas parce que la fertilité n’est plus un sujet après 40 ans que vous êtes périmée et devez passer au second plan. Si vous venez juste d’être diagnostiquée, sachez qu’il existe tout de même des possibilités pour mieux vivre avec la maladie, même après 40 ans !

Les traitements hormonaux

Les traitements hormonaux restent une option pour gérer l’endométriose après 40 ans, bien qu’ils doivent être adaptés aux besoins de chaque femme. Si vous n’avez pas encore atteint la ménopause, les traitements hormonaux peuvent inclure des pilules contraceptives, des dispositifs intra-utérins à base de progestatifs, ou des agonistes de la GnRH pour bloquer temporairement la production d’œstrogènes et réduire les symptômes. Ces options ont pour but de diminuer les douleurs et de stopper les saignements menstruels.

Toutefois, à l’approche de la ménopause, la prescription d’hormones nécessite une plus grande prudence. Le traitement hormonal de substitution (THS), utilisé pour atténuer les symptômes de la ménopause comme les bouffées de chaleur et les troubles du sommeil, peut parfois réactiver les lésions d’endométriose en raison de la présence d’œstrogènes. Ainsi, le choix d’un THS doit être fait avec précaution, en tenant compte de vos antécédents et du risque potentiel de récidive des symptômes.

Chirurgie : quand et pourquoi ?

La chirurgie est souvent envisagée quand le fonctionnement des organes est en danger. Mais aussi chez les femmes atteintes d’endométriose sévère ou résistante aux traitements mis en place pour maitriser les douleurs. Les opérations chirurgicales visent généralement à retirer les lésions d’endométriose, à détruire les adhérences, ou, dans les cas les plus graves, à pratiquer une hystérectomie (ablation de l’utérus). Cependant, la décision de recourir à la chirurgie dépend de plusieurs facteurs : l’intensité des symptômes et la réponse aux traitements médicamenteux et alternatifs.

Chez les patientes de plus de 40 ans, une approche conservatrice de la chirurgie est parfois privilégiée. En particulier si elles sont proches de la ménopause, car l’activité hormonale naturelle diminuera progressivement. Toutefois, si les douleurs sont invalidantes ou si des complications comme des kystes ovariens apparaissent, une intervention chirurgicale peut s’avérer nécessaire pour améliorer la qualité de vie.

Les soins alternatifs

En parallèle des traitements médicaux, de nombreuses femmes cherchent des alternatives pour soulager leurs symptômes et mieux vivre avec l’endométriose. L’alimentation joue un rôle important dans la gestion de l’inflammation. Une alimentation riche en oméga-3 et faible en aliments transformés peut aider à réduire la douleur et l’inconfort. Certaines femmes reconnaissent également les bienfaits de la réduction de la consommation de gluten et de produits laitiers. Mais cela reste très personnel. En effet, aucune étude scientifique n’a encore prouvé l’efficacité du régime alimentaire anti inflammatoire.

D’autres méthodes « naturelles », comme la gestion du stress (méditation, yoga, sophrologie) et l’acupuncture, peuvent également contribuer à atténuer les douleurs et améliorer le bien-être général. De plus, une activité physique régulière reste recommandée pour améliorer la circulation sanguine et réduire l’inflammation. Un suivi en kinésithérapie et ostéopathie est également intéressant pour vous libérer de vos douleurs et rééquilibrer votre corps.

Vivre avec l'endométriose après 40 ans : mode d'emploi

Adapter son mode de vie pour mieux gérer les symptômes

La gestion de l’endométriose repose en grande partie sur un mode de vie équilibré et des ajustements qui permettent de limiter les crises. Bien que non prouvé, l’alimentation joue un rôle clé dans la réduction de l’inflammation. Éviter les produits trop sucrés, trop salés et trop transformés limite l’inflammation. Généralement, on vous recommande des séances avec une nutritionniste pour pouvoir faire quelques adaptations sur votre régime alimentaire, sans pour autant vous priver de tout.

L’activité physique régulière est également bénéfique pour les femmes atteintes d’endométriose. En effet, la marche, le yoga ou la natation permettent d’améliorer la circulation sanguine, de réduire le stress et de maintenir une bonne forme physique, ce qui aide à mieux gérer les douleurs. Le yoga, notamment, aide non seulement à étirer et à détendre les muscles, mais aussi à apaiser l’esprit, ce qui peut être précieux dans la gestion de douleurs chroniques. Si vous êtes adeptes de course à pied ou d’autres sports, continuer autant que vous le pouvez en adaptant en fonction de votre ressenti. Faites vous confiance, vous seule connaissez votre corps aussi bien.

Un autre aspect important est la gestion du stress. Le stress peut aggraver les symptômes de l’endométriose. C’est pourquoi, il est donc important de mettre en place des techniques pour le réduire. Des pratiques comme la méditation, la sophrologie, ou encore la respiration profonde peuvent aider à apaiser l’anxiété et à retrouver un certain équilibre émotionnel.

Améliorer la qualité de son sommeil

Un autre facteur sous-côté pour mieux vivre avec l’endométriose est d’assurer une bonne qualité de sommeil. Les douleurs chroniques entraînent une fatigue importante, ce qui aggrave les symptômes.C’est pourquoi il faut mettre en place des habitudes qui favorisent un sommeil réparateur. Par exemple, vous pouvez adopter une routine du soir apaisante, éviter les écrans avant le coucher, et créer un environnement de sommeil confortable et calme. Des aides naturelles comme la mélatonine ou des tisanes à base de plantes peuvent aussi faciliter l’endormissement. C’est de cette manière que vous allez pouvoir recharger au maximum vos batteries pour bien commencer la journée suivante ! 💪🏻

Trouver du soutien et des personnes avec qui parler de l'endométriose

Vivre avec une maladie chronique comme l’endométriose a un impact considérable sur la santé mentale. L’isolement, la frustration face à des symptômes persistants, ou encore l’incertitude liée à l’évolution de la maladie peuvent conduire à des épisodes de dépression ou d’anxiété. Il est donc essentiel de ne pas négliger cet aspect et de chercher des solutions pour soutenir sa santé mentale.

Consulter un psychologue peut s’avérer bénéfique pour cheminer. En parallèle, vous pouvez aussi rejoindre des groupes de soutien ou des associations où l’on peut partager son expérience avec d’autres femmes vivant avec l’endométriose. L’échange avec des personnes confrontées aux mêmes défis permet de se sentir moins seule et d’obtenir des conseils pratiques et des encouragements.

Enfin, parlez de la maladie avec vos proches. Expliquer ce qu’implique l’endométriose et comment elle affecte le quotidien peut renforcer la compréhension et le soutien de l’entourage, et ainsi améliorer les relations personnelles et familiales. Si vous venez d’être diagnostiquée, vous aurez un moment où vous vous sentirez un peu perdue ou submergée d’informations. Dans ces moments-là, on se sent démunis pour répondre aux questions de ses proches. Ils vous aiment et ont envie de bien faire. Malgré tout, leur soutien est parfois maladroit. Donc n’hésitez pas à leur partager des ressources (fiables) sur l’endométriose si vous ne vous sentez pas d’en parler dans l’immédiat. Ils pourront alors mieux vous comprendre, et mieux vous soutenir. 💛

Vos témoignages comptent 💛

Vos témoignages sont importants pour sensibiliser à toutes les différentes formes que peut prendre l’endométriose. Et si le prochain témoignage c'était le vôtre ? Envoyez-moi un message à endome.fr[@]gmail.com ou en mp sur Instagram.

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Clémence

16 ans de retard diagnostic, découverte d'une endométriose sévère, superficielle et profonde et d'adénomyose diffuse à 26 ans. Opérée 6 mois plus tard et 6 mois de ménopause artificielle plus tard, me voilà à partager mes expériences et connaissances pour sensibiliser à cette maladie chronique (de crotte !). Et surtout pour que les autres endogirls aient plus de choix et de possibilités que moi.🎗️

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